
A la base, le hockey sur glace est considéré comme un sport d'hiver, soit une activité physique déroulant ses fastes durant la période réputée la plus froide d'une année.
D'ailleurs les amateurs de ce sport n'hésitaient pas, le moment venu, de sortir leurs pelotes de laine pour partir dans des délires de mailles, réalisant des prouesses tricotées aussi uniques qu'indispensables, pour assister aux rencontres de leurs favoris. Ah,  ces écharpes à grosses cotes, ces chandails bicolores aux logos d'une rare personnalisation ou les bonnets rayés à ponpons qui ne prenaient le chemin de la lessive qu'une fois la saison achevée.
Bien entendu, les enceintes de jeu à ciel ouvert ne favorisaient pas d'admirer les torses virils des Ultras ou d'arpenter les tribunes en bermudas (petite pensée pour Mathieu N.) et chemises à fleur. Il fallait aussi compter qu'à l'époque, en hiver, il faisait … froid.
Aujourd'hui, outre le climat, les arènes se sont aussi réchauffées. Pas forcément par le spectacle proposé mais par souci de confort. Evidemment, il n'est pas fait ici allusion aux halles de glace qui bénéficient du classement au patrimoine national ou aux bâtiments historiques protégés (au Nord du Tessin ou en Emmental par ex.). C'est qu'il faut aussi prendre soin de tous ces directeurs d'entreprise, ces pourvoyeurs de fonds, ces investisseurs nécessaires pour qu'ils ne ressortent pas d'un match de hockey avec quelques microbes susceptibles de ruiner leur carrière ou celle de leur(s) société(s) et qui viennent assister à un "game" comme s'ils défilaient pour Versace, Massimo Datti ou Hedi Slimane (on vise les fins connaisseurs). Pour peu qu'ils chopent encore la listériose avec des petits fours ...
Et sur la glace ? c'est pareil et l'activité synonyme de passion prend réellement de l'intensité une fois les frimas arrivés. Certes en LNA, la lutte, très souvent programmée pour faire partie du gotha des huit équipes appelées à décrocher l'immonde vase de champion suisse, offre son lot d'émotions dès le début octobre. Tout au plus, chaque saison nous offre-t-elle une formation différente pour se joindre aux autres habitués de ces bagarres (je me refuse à citer des noms pour ne pas fâcher mes amis fribourgeois, biennois ou st-gallois).
Pendant ce temps, les grosses cylindrées jouent à cache-cache dans le haut du tableau en multipliant les essais et les épreuves en blanc pour arriver fin prêts au moment où débuteront les examens réels ou pour, Berner Attitude, ne viser que l'honorifique titre de champion de la Regular Season.
En LNB, la fréquence cardiaque du championnat est aussi élevée que celle de Contador (non ce n'est pas un joueur du LHC !) au repos. Les superbes déplacements de Thurgovie, Küssnacht ou de Bâle offrent le seul avantage pour un joueur de pouvoir dire un jour à ses petits enfants : "ici, j'y ai joué". Souvent soporifique, sans émotion, devant un public clairsemé, avec une relégation sous forme de tapis vert et désormais retransmis dans la petite lucarne, la saison régulière peine de plus en plus à solliciter de l'intérêt pour l'amoureux de la rondelle. C'est clair que suivre du hockey en même temps que se déroule une manche de World Cup de beach-volley à quelques kilomètres, çà donne peu envie. Alors si l'enjeu est moindre ...
Mais depuis quelques jours et l'arrivée de ce terrible froid polaire qui nous fait presque apprécier les bières servies en 30 cl plutôt qu'en 40, la LNB semble enfin retrouver les qualités pour lesquelles on prend le chemin des patinoires. De l'intensité, des duels, du suspense, voire même du beau jeu nous font ressentir que l'heure des séries décisives est sur le point de débarquer. Dans les Alpes jurassiennes, valaisannes ou vaudoises, les dernières parties commencent à sentir bon l'odeur des play-offs. Le "pétage de plomb" tragi-comique offert par quelques "vispois" frustrés dimanche dernier est un signe révélateur que la pression commence à monter. Enfin ! serait-on tenter de rajouter, car le monologue instauré par les hauts-valaisans depuis le mois de septembre pourrait vaciller ces prochaines semaines pour n'avoir, au final, servi qu'à faire illusion pendant les beaux jours.
Vive donc le froid, l'hiver, le vrai, celui qui va nous rendre ce que le hockey sur glace nous offre de plus beau. Des duels, des vrais, des qui comptent, des qui font mal aux perdants, des qui font vibrer les foules et les caissiers, des qui laissent des bleus à l'âme des fans ou les font monter à la jouissance ultime (si,si osons !), ceux qui ressemblent au sport et qui désignent, au final, un vainqueur et un perdant.
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Commentaires
Et pis, c'est depuis l'histoire des bermudas que le brave Mathieu N. voit la vie en vert ? Ou si c'est depuis là qu'il distribue des biscottes rouges ?